Perdre un parent - Claudia, 22 ans

"À seulement 18 ans, j'ai dû porter cette étiquette d'"orpheline" mais cela m'a rendue encore plus forte"

Ce que je dirais à quelqu'un qui vivrait la même chose que j'ai pu vivre, c’est qu'il/elle n'est pas seul-e. Que même si on pense que le monde s'écroule, que les gens nous oublient ou nous abandonnent, ce n'est pas vrai! Des gens sont là pour nous et As’trame a été là pour moi au moment où j'en avais le plus besoin. Ce que j'avais besoin d'entendre c'était : "ce n'est pas de ta faute", "je suis là pour toi à n'importe quelle heure ou moment", "je ne t'abandonnerai pas dans cette épreuve".

J'ai eu de la chance d'avoir des amis extraordinaires, d'avoir un copain qui m'a relevée, d'avoir une prof principale qui m'a tenu la main, mais surtout d'avoir d'autres jeunes, du même âge, qui vivaient la même chose que moi. J'avais besoin d'être comprise et c'est As’trame qui m'a amené ça. Ce qui m'a le plus aidée sur le moment du décès, c'était d'être entourée de personnes qui voulaient mon bien et qui faisaient leur possible pour que je sois bien. Au niveau d'As’trame, je n'ai été forcée à rien, je pouvais venir et décider de ne pas faire l'activité du jour, rien que ça c'était énorme, car je savais que j'étais comprise, je savais que je pouvais être moi, sans me cacher derrière un masque de "je vais bien". Je pouvais exprimer ma colère, ma tristesse, mon dégoût, ma haine, mon chagrin et tout cela sans même être jugée ou mise de côté. 

Le décès que j'ai vécu m'a appris que la vie était trop courte pour être fichue en l'air avec des bêtises, des embrouilles et que je n'avais encore rien vu dans ma vie. J'ai appris que j'étais plus forte que ce que je pensais, j'ai découvert que je pouvais me relever et être encore plus forte jour après jour en m'accrochant à mes rêves. J'ai appris que la vie te mettait des obstacles sur ton chemin, pas pour te faire échouer, mais pour te faire évoluer et te faire grandir. J'ai trouvé au fond de moi une lueur d'espoir à la guérison, je m'y suis accrochée tellement fort et je n'ai jamais baissé les bras. J'ai perdu mon papa, c'était la tragédie de ma vie, mais je me suis battue, je me bats encore aujourd'hui tout simplement pour le rendre fier et le faire vivre à travers moi. Il me donne la force d'avancer et de m'accrocher. J'ai dû affronter le regard des gens, à seulement 18 ans, j'ai dû porter cette étiquette d' "orpheline" mais cela m'a rendue encore plus forte, car je voulais prouver à tout le monde que je n'étais pas un vilain petit canard, non j'étais moi et seulement moi avec mes bagages et j'avançais sur le chemin de la vie, et plus j'avançais, plus je vidais mes bagages en route. 

Claudia, 22 ans

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